Au Jardin des Tuileries

Je m'en retournai marcher
Sur les traces d'un passé
Inexpugnable

Au Jardin des Tuileries

Je humai l'air vivace
Et ses senteurs tenaces,
Vernaculaires

Je m'enferrai dans les sentes
Immuables
De souvenirs inextricables

Que diable ne poursuivé-je plutôt
Des lendemains insaisissables tantôt,
Tantôt intarissables ?

Au Jardin des Tuileries

En mémoire d'Agata,
Celle qui fut
Et qui ne sera.
Paris, le 8-III-MMIX

# Posté le jeudi 20 août 2009 06:44

Histoire d'Ô

Ô, voix abhorrée
Voix si haut perchée
Voix effarouchée
Mais voix affirmée
Affublée de tristes, longues oreilles de cocker triste

Ô, voix précieuse, voix empruntée
Ô, voix entrecoupées de coupables hésitations
Mais quelles voies as-tu donc emprunté
Pour provoquer autant de palpitations ?

Ô, voix abhorrées que portent deux lèvres
Délicieusement vermillon et surtout pulpeuses
Ouvrant sur une troublante obscurité buccale
Enluminée de si fines perles d'ivoire

Ô, voix détestée
Que je voudrais être un instant seul avec toi
Que je voudrais me laisser aller à ce vertige
Qui de moi s'empare au moindre son de toi
Pour m'emparer de ton incarnation physique
La déposséder de ses fines barrières de textile
En caresser les moindres reliefs et courbures
L'exciter langoureusement, la sentir vibrer
La voir onduler puis la pénétrer enfin
Curieux que je suis d'en tirer les plus intimes vibrations
Les sonorités les plus pures et les plus vraies

Tant je ne peux me résoudre à croire ni accepter
Ta tonalité publique : je veux la connaître en privé
Car je ne peux accepter qu'une telle violence vocale
Soit véritable, qu'elle ne soit pas que la froide façade
Derrière laquelle se morfond une vraie chaleur humaine.


Saint Etienne, Université Jean Monnet, fin 2004

Auteur: Damien BOYER
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# Posté le jeudi 20 août 2009 06:39

Les enfants de la Mort

Survole les heures perdues
Légions en déroute
Fuyant son avance
Ecoute hurler les armes
Voit se ruer les peuples
Vers une liberté chimérique
Au bout du chemin
La Mort au bout du refrain

Une place pour chacun
Chacun à sa place
Par la grâce de la Vérité
Les stars déambulent
Dans les étoiles
On vit tout d'une traite
Sans nom et à crédit
Toujours plus à prendre
Toujours plus à vendre
Toujours prendre
Toujours vendre

Les enfants de la Mort

On n'aime plus l'école
On vit pour ses idoles
On vit pour ces idoles
Qui souvent s'affolent
Quand on les réclament
A corps défendant
A cris elles surgissent
Et puis s'enfuissent
Nous abandonnant
A noter triste sort
Nous passant notre mors
Notre amie la Mort

Une place pour chacun
Chacun à sa place
Par la grâce de la Vérité

Et chacun de crier
Dehors, la nuit !
Message reçu, mais...
Qu'allons-nous faire ?
L'Esprit ne souffle plus
Comment guider leurs pas ?
Alors surgissent les gyrophares
Alors c'est l'Ordre ?
Bien, les Forces sont là, mais...

Acquis pour qui les profits ?
Acquis pour qui les fanions ?
Acquis pour qui les moribonds ?
Acquis pour qui

Les enfants de la Mort

Bien reçus tous les cris
Bien reçues les doléances
Paie à présent le prix
Paie cash le prix de ta vie
De la Force en toi qui coule
Surtout ne pas parler
Surtout ne plus hurler
A la face du Monde
On touche le fond !

Alors applaudissons
Alors, oui, admirons
La gangrène vivace
Cette foule tenace
Venue pour les derniers restes
Des pitoyables victimes

Les enfants de la Mort

Auteur: Damien BOYER

Date perdue dans les méandres d'un temps où je ne notais pas les dates. Ce texte n'est pas un poème mais une chanson sur laquelle une mélodie est en cours de composition.
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# Posté le jeudi 20 août 2009 06:37

En ton absence

Ce soir j'ai peur
Ca n'est pas rare

Je ne me confie pas au hasard
Pour te confier pourtant sans peur

Tout ce que j'éprouve en ton absence ;
Ce quotidien entrecoupé de longs silences
Me laisse pantelant de sentir ta présence

Déjà tu trouves ta place dans mon c½ur
Déjà le souvenir de ces riches heures
Me laisse entrevoir tant d'autres bonheurs

Avec toi est entré dans ma vie
Comme un tourbillon d'envie
Au diable les graines de folie
L'Amour doit être accompli

Parce que c'est toi dans tes bras qui me garde
Parce que d'une telle façon tu me regardes
Parce que je veux être ton barde
Parce qu'en ton absence je t'aime dès je te regarde.

Saint Etienne, le 18 VIII 2008


Pour Noélie

Auteur: Damien Boyer

# Posté le lundi 08 juin 2009 05:54

Désir

Elle,
Vêtue de blue-jean moulant, un délice

Moi,
Yeux dénudés dérivant à la surface de ses cuisses

Elle, se déhanchant, déambule, sereine
Moi, bouche bée, dévisageant cette reine

Le rouge au front, une chaleur familière au bas-ventre
Mon regard se faufile, hypnotisé, entre
Deux jambes effilées et remonte, ébahi,
Jusques à son sexe moulé, dessiné, trahi.

Lové dans quelque repli de mon âme
Le retors désir aussitôt s'empare avec calme
De mon esprit et de mon sexe

Se peut-il qu'elle se vexe ?
Une chance que j'aie seulement
Du regard effeuillé ses chastes vêtements.

Valras-Plage, été 2005

Auteur: Damien Boyer

# Posté le lundi 08 juin 2009 05:52